Pour tout vous dire, j'ai pris conscience de ce fait l'année dernière. Au cours d'un déplacement, j'intervenais avec un consultant de mes amis. Vers 19h30, son téléphone portable a sonné. L'échange a donné quelque chose comme ça :

- Allo bonjour,
- ...
- Non, mets là en JPEG

A ce stade de la conversation téléphonique, je pensais qu'il échangeait avec un de ses collaborateurs.

- ...
- Oui, en JPEG
- ...
- C'est un format d'image pour le web
- ...
- Prends un logiciel de retouche d'image
- ...
- Ah non, ça c'est un logiciel pour naviguer sur le web, pas un logiciel de....

etc...

Au bout de cinq à six minutes, le consultant, qui commençait à s'enérver, a fini par dire :
- Ecoute, papa, là, je ne peux pas trop t'aider, on se voit ce week-end, je te donnerai un coup de main.

Au cours de la discussion qui a suivi, nous nous sommes rendu compte que nos proches avaient la sale manie de nous solliciter à tout bout de champ pour tout problème lié à l'informatique.

Ces derniers temps, en ce qui me concerne, ça devient terrible. J'aide mon père à configurer son ordinateur, sa connexion Wifi, son téléphone, sa télé ou encore le filtre parental de mes neveux. Je précise que mon père est un type formidable, mais que pour ma santé mentale, il aurait mieux valu qu'il ignore à jamais l'existence des ordinateurs ;-)

Bon, ce n'est pas tout, dans ma rue, l'un de mes voisins m'a repéré, puis un autre, les deux fois pour des ordinateurs à réparer. Pire, ils m'ont dénoncé à Paulette, ma voisine, qui n'est plus toute jeune, et qui a son magnétoscope qui déconne. Car oui, par extension, du simple fait d'être un professionnel en contact de près lou de loin avec un ordinateur, vous devenez un demi-Dieu de tout ce qui comporte un ou plusieurs circuits imprimés.

Je ne suis qu'au début de cette longue mue qui me verra devenir un réparateur multitâche et ultra disponible. Une espèce d'Harry Tuttle, braconnier de l'informatique, en quelque sorte.

Si ça se trouve, je suis doucement en train de me transformer en technicien hotline, exaspéré plus souvent qu'à son tour par l'incompétence de ses interlocuteurs, mais quand même soucieux de les aider, quoi qu'il en coûte. Je fais des cauchemars ou je suis avec mon micro casque sur une plate-forme de 200 personnes. Dans mon rève, je tente de conserver mon calme en expliquant le fonctionnement d'un réveille-matin ou d'un zyglotron tubulaire.

Je précise que ce nouveau métier s'exerce essentiellement les week-ends, soirées et jours fériés, mais qu'il peut également empiêter sur le temps de travail normal, pendant les missions de conseil, les formations, les déplacements. Pas de problème, il suffit d'être joignable ;-)

Le secteur de l'assistance informatique a de beaux jours devant lui. En attendant, je vais me renseigner pour savoir si un consultant peut bénéficier du chèque emploi service ;-)