Ma fréquentation actuelle de ces services "sociaux" me prend du temps. Tous les jours, je vois de nombreux amis et amies, chef d'entreprises, salariés ou freelances, poster des messages du matin au soir, à toute heure, quelquefois sur des sujets ou des discussions privées ou personnelles. De plus en plus, je les vois poster des messages depuis leurs terminaux mobiles, dans des situations de la vie quotidienne très éloignées de la consultation classique du Web.

Alors, bien sûr, je n'ai aucune inquiétude concernant leur santé mentale, ni sur la mienne, d'ailleurs. Mais le point commun de tout ce réseau, c'est qu'ils ont une vie familiale, et souvent des enfants. Ce n'est pas un sujet anodin.

Et je ne sais pas si les enfants des autres sont comme les miens, mais les miens passent leur vie à me demander s'ils peuvent jouer à la console de jeux, s'ils peuvent regarder la télé, ou encore voir des films. Je ne sais pas pour vous, mais je suis de plus en plus mal à l'aise pour dire à ces enfants : "arrêtez de me demander la télé toutes les cinq minutes", alors qu'il voient leur père (et leur mère, aussi, un peu) passer sa vie devant l'écran, quelquefois concentré, quelquefois pouffant bêtement, mais visiblement heureux.

Je ne sais pas encore comment je vais négocier ce changement de mode de vie, et cette addiction aux écrans, ni pour moi, ni pour mes enfants. Et sincèrement, je me demande bien ce qu'il va advenir de la génération qui nous suit. Hier, je me disais qu'il serait très amusant d'imaginer dans un scénario d'anticipation la façon dont des enfants pourraient être amenés à s'éduquer tous seuls alors que leurs parents sont totalement absorbés par le cyberespace. D'ores et déjà, certains d'entre eux font comme leurs parents. Quoi qu'il en soit, cela pourrait donner des scénarios assez amusants, me semble t-il.