Le W3C, il a dit que c'était valide

Ah, ma préférée… Vous tapez votre URL dans le validateur du W3C et vous obtenez un beau laissez-passer pour votre page. Oui, mais voilà, y'a juste un petit hic, un couac dans la logique. Le navigateur de vos visiteurs, il y a très peu de chance qu'il voit la même chose que le validateur du W3C. Le validateur analyse le code HTML tel qu'il est à la sortie du serveur. Le navigateur va ajouter les librairies ou frameworks Javascript, les widgets Twitter, Facebook, Google+ et les jolis plugins jQuery développés par des punks que vous avez glanés sur la toile. Alors, oui, il y a déjà nettement plus de chances que votre code source ressemble au champ du père Martin après une rave.

La force d'Opquast, c'est de valider le code source tel qu'il est perçu par un navigateur et non pas tel qu'il envoyé par le serveur. Ceci signifie que vous devez récupérer le HTML via Firebug, par exemple, et le copier/coller dans le validateur du W3C pour avoir une idée des dégâts. Se contenter de taper l'URL n'est valable que si aucune librairie, aucun widget, aucune transformation côté client n'est mise en œuvre sur votre page. Typiquement, un diaporama jQuery où les images n'ont pas d'attributs alt ne sera pas vu par le validateur HTML du W3C.

Je fais du HTML 6 et des CSS 4

Certains se plaignent que les tests ne prennent pas en compte des technologies qui ne sont même pas terminées. Si, si. Certains tests supportent une partie de HTML5 ou de CSS3 mais les technologies d'assistance sont légitimement alignées sur des versions stables de HTML et CSS, et pas forcément les plus récentes. Et même lorsque les outils existeront, s'imaginer que la première préoccupation d'une personne en situation de handicap sera de renouveler son matériel relève du fantasme. Même sans déficience particulière, certains d'entre nous ne changent pas de mobile tous les 2 ans (le mien en a 4). Alors oui, ton site en responsive design HTML5 / CSS3 est au top de la geekitude mais ces technos ne sont pas encore stables et posent de vrais problèmes d'accessibilité, de support, etc.

Conclusion

Je trouve assez paradoxal que les 2 soucis majeurs d'incompréhension d'Opquast viennent à la fois d'une perception obsolète (ma page est un code HTML statique sans transformation côté client) et futuriste (j'utilise des technos à l'état de brouillon) du web. J'aime à penser que c'est parce qu'Opquast réussit le pont entre le développeur amateur qui analyse son site personnel et le geek furieux dont la connexion avec la réalité n'est pas toujours 4G ready.