Dans l'informatique, il existe des postulats. Des principes qui nous permettent de travailler. Le premier postulat est le suivant : « l'informaticien est un crétin : il ne sait pas tout ». Le deuxième postulat est que « l'ordinateur est un crétin : il ne comprend rien ». Plus précisément, l'ordinateur ne fait que ce qu'on lui dit de faire, et encore, pas toujours.

Pour schématiser, je dirais qu'un ordinateur, c'est un peu comme la sexualité, ça embarque du hard et du soft, et ça peut être très compliqué.

Pour ce qui concerne le logiciel (le software), à l'exception notable du logiciel iTunes(1), les concepteurs font des efforts très importants pour simplifier et rendre intuitives les interfaces. Et normalement, vous devriez tout faire et tout trouver, très facilement. En pratique, ça ne passe pas comme ça. Un simple logiciel contient plein d'options. Le nombre de choses à connaître est énorme.

Pour ce qui est du hardware et des incompatibilités matérielles, c'est encore pire, le nombre de problèmes potentiels est monstrueux et des fois on ne peut rien faire. Oui, rien. Rien. RIEN. Exemple de phrase moyennement agréable à lire ou à entendre « C'est la carte-mère. Désolé (pleurs) ».

Alors, voilà, qu'il soit amateur ou professionnel, bleu bite ou analyste programmeur 5eme dan, la vie de l'informaticien professionnel top niveau est une succession de problèmes à résoudre, de trucs qui devraient marcher et qui marchent PAS. L'informaticien qui produit du code qui marche tout le temps du premier coup qui résout tout les problèmes instantanément est une chimère ou un personnage de film. S'il existe en vrai, je n'ai aucune envie de le rencontrer, j'ai pour habitude d'éviter les psychopathes. Mais revenons à nos moutons.

Il y a deux catégories d'informaticiens :

  1. Ceux qui pensent tout savoir et qui sont souvent mauvais.
  2. Ceux qui savent qu'ils ne savent pas grand chose et qui sont à peu près fréquentables (2)

Vous avez un problème informatique ? Les chances que vous soyez le premier à y être confrontés sont quasi nulles. C'est comme ça. Le plus probable, c'est que quelqu'un qui se sentait aussi impuissant que vous a posé la question sur un forum en 2007. Et le plus amusant, c'est que ce phénomène se reproduit non seulement pour les tout petits problèmes de l'informatique ( Il est où le bouton ON ?) à des problèmes posés aux meilleurs développeurs (Pourquoi le triple compresseur tubulaire de mon kernel linux ne me permet pas d'afficher Tetris en plein écran ?).

La méthodologie de traitement est toujours la même :

  1. Essayer une requête sur un moteur de recherche ;
  2. Regarder les résultats et naviguer sur une page ou deux ;
  3. Essayer des trucs et d'autres trucs aussi ;
  4. Si le problème est traité, s'exclamer "Mais qu'est-ce que je peux être c.." et aller au point suivant puis aller se promener sinon, recommencer au 1 en essayant avec une requête un peu ou carrément très différente. Au bout de trois jours (minimum), appeler quelqu'un qui travaille de près ou de loin dans l'informatique ;
  5. Quand c'est possible, dire merci à la personne qui a donné la solution/survécu au problème (moi, j'oublie tout le temps de dire merci et je tiens à me flageller publiquement aujourd'hui même).

La procédure ci-dessus peut vous sembler évidente et pourtant, tout le monde ne la suit pas, je vous l'assure. Par exemple, je sais que ce n'est pas ce que font mon père, ma mère, tous leurs amis, tous les gens qu'ils connaissent et tous les gens qu'ils ne connaissent pas encore.

Je connais même un développeur professionnel de très haut niveau qui peut se casser la tête pendant 4 heures sur un bug trivial avant de déclencher cette procédure d'urgence.

En résumé, utiliser un moteur de recherche et chercher dans les résultats permet de bénéficier de l'expérience collective des autres (car les autres ne sont pas que l'enfer) sans les déranger plutôt que de mobiliser directement son prochain (moi ou n'importe quel type qui bosse dans l'informatique ou qui a déjà vaguement entrevu un ordinateur chez Darty).

Bon, et maintenant, vous me direz sans doute : quand le Web ne marche pas, quand je n'ai pas la connexion, je fais quoi hein, hein?

Pas de problème, passez-moi un petit coup de fil.
NON JE PLAISANTE NE FAITES PAS ÇA.
Débrouillez-vous, allez dans un cybercafé, allez à la pêche, appelez un ami (mais pas moi), essayez de trouver une connexion, et posez votre question à Google, à un autre moteur de recherche, voire même à un site comme comment ça marche qui aurait selon moi mérité de s'appeler comment ça se fait que ça marche pas.

Et surtout, passez un très bon week-end.

Notes :

(1): je rappelle ici les trois règles ergonomiques dites de iTunes que j'ai énoncé il y a quelques mois sur Twitter (moi c'est @ElieSL)

  • Règle 1 : C'est à chier, mais ils finiront par s'habituer;
  • Règle 2 : Quand ils seront habitués à cette ergonomie à chier on fera une nouvelle version;
  • Règle 3 : L'utilisabilité d'une nouvelle version doit forcément être inférieure à la précédente.

(2) Oui, je sais, ce que j'écris est vrai de n'importe quel professionnel.