En pratique, j'ai pu travailler avec trois sociétés que j'avais choisi et qui m'intéressaient particulièrement, notamment parce que j'étais susceptible d'utiliser leurs services à titre personnel ou professionnel.

Les trois séances se sont déroulées de manière totalement différentes, notamment parce que les sociétés en question n'étaient pas au même niveau de maturité, et ne demandaient pas le même type d'intervention. Dans un cas, j'ai dû échanger avec l'équipe sur la valeur ajoutée du produit, dans le deuxième j'ai dû échanger sur la mise en évidence de cette valeur ajoutée, et dans le troisième, j'ai véritablement orienté la séance sur le processus et les interfaces d'inscription. Dans ce dernier cas, alors que je ne m'y attendais pas du tout, les bonnes pratiques Opquast nous ont été d'un très grand secours, puisqu'elles nous ont amené à travailler sur l'amélioration de la relation de confiance entre le service et ses usagers. Cet examen du processus au regard des exigences des usagers nous a conduit à établir au cours d'une séance d'à peine deux heures une série d'améliorations faciles à et rapides à mettre en œuvre, des quick wins si vous aimez Jean-Claude Van Damme.

J'étais sans doute le seul des mentors de la journée à ne pas me présenter comme spécialiste de l'UX et j'étais très intimidé avant chaque séance. Cela dit, je pense que ça a été le cas pour presque tous les mentors. L'activité est particulièrement délicate et enrichissante. Dans l'ensemble, je pense m'en être sorti à peu près correctement. Les startups sont dans une machine à laver, elles donnent tout ce qu'elles ont, elles se livrent et acceptent de se confier et de remettre en cause leurs certitudes. Il se crée d'ailleurs une relation très particulière entre les startups et les mentors.

Au registre des déceptions, je me suis aperçu que la plupart des ergonomes et spécialistes UX (dont certains enseignent ce sujet) semblent avoir une certaine méconnaissance du travail que nous faisons avec Opquast. Bien entendu, ils ont tous une connaissance empirique des bonnes pratiques, mais voilà, la connaissance empirique des risques dans un secteur professionnel ça va cinq minutes. Comme dit Mr Pink dans reservoir dogs, « Come on guys. We're supposed to be acting like fucking professionals » ;) Bref, à nous de jouer pour faire en sorte que les ergonomes mais globalement les spécialistes du Web soient le plus vite possible au courant de l'existence des bonnes pratiques, les appliquent et les enseignent. Et vous qui n'êtes pas ergonome mais digital marketing strategist data officer (par exemple), je vous vois rigoler au fond mais ça vous concerne également.

Je remercie infiniment l'équipe d'Aquinum et notamment Hélène Desliens et François Moraud qui ont pensé à moi pour intervenir dans ce launchpad. Je remercie aussi l'équipe du Node de Bordeaux, les startups, les autres mentors, l'équipe de Google et notamment Martin Gorner (dont les photos sont disponibles) et je voudrais finir par un salut amical particulier à Pierre Benayoun, qui est à l'origine de l'opération et qui a su me supporter héroïquement pendant deux bonnes heures. Vas-y Marcel.