Éditorial du 30 avril 2015 (numéro 16)

Donnez un coup de pied dans un arbre, et il en tombera probablement 4 ou 5 spécialistes. Data scientist, UX manager, Ingénieur Cloud, Traffic manager etc. Et il y a encore des milliers de métiers à inventer. C'est merveilleux, le bingo des métiers de l'Internet est ouvert. Sauf que pour l'instant, la plupart de ces métiers s'apprennent sur le tas, avec une connaissance très partielle de ce qu'est Internet et le Web, de la façon dont il fonctionne, dont les pages s'affichent, dont les profils d'utilisateurs l'utilisent. C'est un peu comme si dès le début du cycle supérieur, la médecine formait directement des cardiologues, des oncologues ou des radiologues en 2 ou 3 ans et les lâchait dans la nature en leur disant : tu es maintenant un spécialiste. Pour ce qui concerne les matières de base comme l'anatomie, la chimie, la physiologie, tu les apprendras sur le tas pendant ta carrière. Bien évidemment, ce n'est pas comme ça qu'on développe des pratiques professionnelles solides dans un secteur mature. Beaucoup d'écoles du Web l'ont bien compris qui commencent à mettre en place des formations généralistes. Beaucoup de professionnels, à commencer par les chefs de projet commencent à comprendre que, plutôt qu’une expertise sur un sujet particulier, ce sont les fondamentaux de l'ensemble des sujets concernés qui leurs sont nécessaires pour travailler. Et comme dans le secteur médical, les métiers de l'Internet doivent comprendre à la fois des généralistes et des spécialistes, qui savent aussi bien les uns que les autres où ils se situent, ce qu'ils savent, ce qu'ils ne savent pas, la valeur des autres et la façon de travailler ensemble.

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