A l'inéluctable question « Et toi, qu'est-ce qu'il fait ton papa ? », ma fille eut un jour cette réponse fort lucide : « Mon papa, il fait des Zaudits. Beaucoup de Zaudits. » Précisons que le papa de ma fille unique et préférée est expert accessibilité.

J'ai en effet connu une période où je devenais une vraie machine à Zaudits. Des audits, des audits, toujours des audits, sur l'air du poinçonneur des Lilas ; et bien-sûr, des rapports, des rapports, toujours des rapports, sur fond de crépitement de clavier. De beaux et massifs rapports opérationnels, fondés sur l'intégralité des 187 tests RGAA ou des 305 tests d'Accessiweb déployé, truffés de compétence et livrant l'évaluation ultime et clinique de l'existant d'un site Web, exposée jusque dans ses plus infimes détails, façon écorché anatomique par l'homme de l'art.

De quoi rassurer le client sur le sérieux de votre prestation, certes. Mais est-ce le meilleur moyen de démarrer puis de poursuivre l'assistance en accessibilité d'un projet Web ? Est-ce par une batterie d'analyses spécialisées que vous aborde illico votre médecin traitant au premier symptôme ? Permettez-moi d'en douter, et de vous détailler la chose. La première recommandation qu'Elie et moi-même avons choisi d'évoquer lors de notre conférence Paris Web 2011 sur l'accessibilité agile s'intitulait « Halte aux audits lourds ». Voici pourquoi et comment, de mon point de vue.