Il y a encore trois ans, il n'était pas rare de lire sur certaines pages d'accueil : "Optimisé pour tel navigateur et telle résolution". Cette mention se rencontre de plus en plus rarement sur les sites web actuels et ce n'est pas du tout par hasard. Entre temps, plusieurs mouvements de fond essentiels ont eu lieu de manière parallèle :

  • Le besoin réel d'une industrialisation de la production de services en ligne
  • Le respect croissant des standards du web par les développeurs
  • Le renouveau du marché des navigateurs Web.

Ces différents aspects se sont nourris les uns des autres, pour conduire en 2006 à un panorama totalement différent de celui qui existait sur le web en 2003. Mais comme nous avons eu l'occasion de le répéter à la conférence ParisWeb 2006, pour les tenants des standards, le travail est loin d'être terminé. Pour tout dire, il ne se terminera jamais, et c'est l'une des raisons qui nous font autant l'apprécier.

S'il y a un groupe de personnes qui ont compris depuis longtemps que le web devait rester en mouvement, c'est bien la communauté Mozilla. Imaginez le bonheur que doivent ressentir cette immense majorité de bénévoles lorsqu'ils constatent que leur travail est utilisé à très grande échelle, j'irais même jusqu'à parler d'échelle industrielle, au sens propre du terme (plusieurs centaines de millions de logiciels installés).

C'est sans doute aussi ce qui les fait avancer. Ils sont utiles. Ils contribuent à relancer l'innovation grâce à des produits intelligents, pratiques, utilisables, souples, et évolutifs.

Firefox est un superbe exemple de logiciel grand public qui montre à ceux qui ne l'auraient pas encore compris que gratuité peut rimer avec qualité.

Au delà des incantations, les communautés du logiciel libre nous montrent qu'effectivement -et à mon sens, ce sont presque les seuls à le prouver de manière aussi éclatante- un autre monde est possible. Au passage, ils nous montrent aussi qu'un autre mode de partage de l'information est possible, qu'un autre mode de conception de produits est possible, qu'un autre cycle de développement est possible. Ils ne rejettent pas : ils contruisent. Ils ne disent pas non : ils proposent. Ce ne sont pas des réveurs : ils sont dans la vraie vie. On aurait tort de les prendre pour des utopistes ou des doux dingues - ils montrent aussi qu'un autre marketing est possible. Si.

Car les gars de Mozilla, mais ce ne sont pas les seuls, savent faire du marketing autrement. Il peuvent le faire grâce à la confiance justifiée qu'ils ont dans la qualité de leurs produits, grâce à leur créativité, grâce à leur connaissance du marché et grâce à leur capacité de détourner à leur profit les armes classiques du marketing de masse.

Ils l'avaient déjà fait avec spreadfirefox, en publiant des pages de publicité collaboratives dans le New York Times, ou encore en proposant leurs propres pubs et détournements.

Ce n'est pas fini, car je sens qu'ils vont continuer pour la sortie de Firefox 2.0.

En France, la grande fête de lancement aura lieu à Paris le 26 octobre dans les locaux du conseil régional d'Ile-de-France. Pour ma part, je ne pourrai pas être présent, mais je peux vous assurer que je le regrette vraiment. En revanche, Laurent Denis sera là, et ses nombreuses groupies pourront peut-être lui parler en vrai ;-)

Et de votre côté, que vous utilisiez Firefox ou pas, sachez simplement que la communauté mozilla et quelques autres se sont donné pour mission de remettre en mouvement le marché des navigateurs Web, et qu'ils ont réussi. Même si vous n'utilisez pas Firefox, vous êtes concernés : utilisateurs actuels ou futurs d'Internet Explorer 7 ou encore de la version gratuite d'Opera, ayez la reconnaissance du ventre : faites du bruit autour de la sortie de Firefox 2.0.

Edit : je vais tout de même essayer d'y être ;-)